Mon Histoire

Mon très cher

 

Bonjour,

Aujourd’hui ça va être un article particulier. Afin de passer à autre chose, j’ai besoin d’extirper une haine en moi. Je précise tout de suite, je ne cherche pas à me faire plaindre et je n’ai aucunement besoin de votre pitié.

Cet article me permettra de mettre à plat des années de remise en question, avant de comprendre que le problème ne venait pas forcément de moi.

Après le Bataclan, je n’ai jamais pu travailler sur cette période de ma vie, qui m’a pourtant bouleversé.


Cher Thibaud,

Je me suis dit que si tu venais à me reparler, tu me demanderais en premier comment va (MON) Odin. Tu te poserais pas la question de comment je vais, et tu me parlerais certainement de ta vie ensuite.

Notre relation a été un vrai calvaire. Tu m’as usé jusqu’à la moelle, tu as niqué le peu d’estime que j’avais de moi. Ça a commencé dès le début de notre installation et pourtant je n’ai rien vu. Tu étais ma première vraie relation. Je n’avais donc pas de comparatif, même si je sentais au fond de moi que ce n’était pas sain. Mais je me disais que le problème venait que de moi. Pas de toi. Parce que je suis une personne qui se remet toujours en question. C’est dans ma nature.

2011

En 2011, on s’est installés. Ça fait un an que l’on est ensemble. A la base ce n’était pas prévu que je vienne habiter avec toi. Mais quand j’y réfléchis, c’est moi qui ai réalisé toutes les démarches avec l’agence immobilière. J’ai fait la visite d’appartement, seule, et je t’ai pris des photos pour que tu te décides. Alors que tu aurais pu être avec moi pour que cela soit plus simple. Bref.

J’étais fière de moi, quand même. 22 ans, je m’installe, j’ai réussi mon BTS et je vais débuter une licence en alternance, permettant donc de participer au loyer. Sauf que :

  • Notre appartement a une isolation de merde. Nos voisins sont bruyants. Quand on s’installe sur le canapé, il est vibrant tellement que la musique est forte. Et tu m’interdis d’aller me plaindre auprès d’eux parce que  » tout le monde a droit de vivre comme il le souhaite. » Au détriment des autres ? Je ne pense pas. Je me levais à 4h-5h et je commençais à avoir un bon rythme. À m’occuper de la maison, des courses et tout le reste. J’étais épuisée dès 19h.
  • Au travail, je vivais un harcèlement sexuel. Et tu disais que c’était dans ma tête. Tu me croyais pas. Tu ne m’écoutais pas. Quand mon chef me dit et me montre une salle sombre en disant que cette salle serait pratique pour faire des actes sexuels, avec un regard lubrique. Il n’y a rien de plus explicite, non ? Bah non, pas pour toi. J’étais angoissée en permanence. Je dormais pas à cause des voisins. Et j’avais la boule au ventre quand j’allais au travail. Je ne faisais plus de pauses non plus. Parce que j’étais totalement angoissée d’être seule avec mon chef.

C’est ma mère qui m’a persuadé de quitter ce job. Bien que c’était une alternance et que ça m’aurait permis plusieurs opportunités par la suite. Personne d’autres de mes amis ou de ma famille est au courant de tout ça. Ma mère ne voulait pas que ça s’ébruite parce qu’elle connait très bien mes frères et mon père. S’ils avaient su, mon chef aurait été réduit en bouillie. Ma famille est douce mais touche à un des membres, tu signes ton arrêt de mort.

D’ailleurs, les amis… Tu étais jaloux de tous mes potes. Absolument tous. J’avoue ne pas avoir beaucoup d’amiEs mais de là, à être jaloux de chacun de mes amIs.. Petit à petit, je me suis coupée d’eux, pour ne pas provoquer de crises (à part d’un, mais tu ne le savais pas). Parce que je commençais déjà à être épuisée et je ne voulais pas user de mon énergie vitale.

Je me rappelle pas que tu m’aies épaulé. Je me rappelle juste d’une fois où j’avais commencé tôt (4h) et j’avais fini tard (22h). Ce n’était pas prévu et je n’avais pas de réseau pour te prévenir. Tu t’aies à peine inquiété. Normalement, je rentrais à 14h ou 15h. Tu m’as juste dit quand je suis rentrée « j’allais appelé ta mère pour savoir si t’étais chez eux ». WAW. J’adore ton attention.

Ha oui. La seule fois où tu as fait à manger, tu t’aies plaint parce que je m’étais endormie sur le canapé pendant que tu as dû tout préparer et que je me suis pas levée quand tu m’as appelé (je dormais mec!!). Pauvre chou. Le pire, c’est que je me suis excusée.

2012-2013

En 2012, nous avons déménagé. J’ai trouvé un nouvel job. Une énième fois, j’ai fait les démarches pour NOUS trouver un logement. Les horaires étaient plus « faciles » puisque que je travaillais que le matin.

Ça a été un peu mieux dans cet appartement. On entendait moins les voisins, même si on se trouvait en face d’une salle des fêtes (-_-).

Mais c’était le début du calvaire pour moi. Tu n’arrêtais pas de râler.  » Tu pourrais faire des repas plus variés quand même. – Donne moi des idées de repas ? – Mais j’sais pas moi ! Cherche donc. Pis je suis fatigué MOI ! J’ai travaillé toute la journée ! » Oui, effectivement. Travaillant en grande distribution, j’avais tous mes après-midis. Mais je me levais tôt et à 21h, j’étais au lit. Mes après-midis je les passais, à faire des repas, les courses, le linge ou la paperasse que tu ne faisais pas.

Dès que je te faisais une réflexion pour que tu m’épaules, que tu participes à la vie de notre appartement, de notre couple, tu me disais  » Oui mais moi je suis fatigué ! Je travaille toute la journée ! J’ai pas mes après midi pour me reposer ! »

Je ne me rappelle pas que je me sois reposée. Je me rappelle juste de mon épuisement. Qui devenait de plus en plus dur puisque mon corps commençait à réagir. (Saignement du nez, vertiges etc..d’ailleurs j’ai fait un malaise vagal devant toi. Et tu es parti, en me disant que ça ira mieux. Je suis allée à la clinique, le même jour, pour faire des examens parce que l’on me suspectait une appendicite…)

Et puis, tu m’épuisais tellement. Je devais pas faire de bruit. Je prenais trop de place dans le lit aussi. Je me retrouvais à moitié en dehors du lit, que tu me disais toujours que je prenais trop de place encore. Tu me réveillais dès que je respirais légèrement plus fort (lié à ma fatigue). Quand je trainais une seconde de plus dans le lit, après mon réveil, tu me poussais hors du lit. Et surtout, je devais pas faire de bruit quand je me levais. Je ne devais pas m’habiller dans la chambre. Ça fait du bruit. Je devais mettre des serviettes sur les meubles de la salle de bain pour que lorsque je pose mon maquillage, ça ne fasse pas de bruit. Sinon tu râlais. À la fin tu me disais même de ne pas tirer la chasse d’eau, parce que je te réveillais. Tu m’engueulais aussi quand je rentrais du travail le samedi, parce qu’à 13h, c’était l’heure de ta sieste et je te réveillais.

Par contre, toi c’était pas gênant que tu me réveilles parce que je prenais « trop de place » ou parce que tu laissais sonner ton réveil. Que tu prenais un bain en faisant, pleiiiiin de bruit, pendant mes jours de repos. C’était pas grave, hein ? Tu t’en branlais bien de mon état de fatigue. Parce que le plus important c’était toi et ton égo surdimensionné.

Heureusement à cette période, Odin est rentré dans ma vie. Il m’a donné tout l’amour que tu n’as pas su me donner. Et surtout l’amour que je méritais.

Si tu savais comme je te hais ! Tu as fait du mal à Odin, je le sais. Mais je ne sais pas comment. Je sais qu’une fois je suis rentrée plus tard à la maison et que je t’ai laissé avec lui. Il avait déféqué dans l’arbre à chat. Sur le MUR de l’arvre ! C’est pas un normal ! Et tout ce que tu as su me dire c’est  » non mais j’ai rien fait ! Je jouais à l’ordinateur, moi !  » Sache que je t’ai jamais cru et je t’en voudrais pour toujours d’avoir touché à mon bébé.

Tu n’as jamais voulu d’Odin, d’ailleurs. Une semaine après que l’on est récupéré, tu m’as demandé de le ramener à la spa. Je n’ai pas pu. J’ai fait la moitié du chemin pour y aller. Mais je l’aimais déjà. Je me suis arrêtée chez mes parents. En pleurs. Ma mère m’a dit de te téléphoner et de te dire que si tu ne veux vraiment pas d’Odin dans ta vie, tu n’as qu’à l’amener toi-même à la SPA. Bizarrement tu n’as jamais eu les couilles de le faire. J’ai toujours pris en charge tous les frais du bébé. Parce que je m’en fichais d’être dans le rouge. C’est mon bébé. J’aurai donné mon coeur pour lui.

Tu ne voulais pas qu’il aille sur le canapé. Tu voulais pas qu’il aille dans notre bureau (qui était plutôt le tien vu que tu passais ton temps à y jouer quand tu rentrais du travail. Trop épuisé pour me parler ou m’aider à préparer le repas et la table ). Tu m’as même forcé a lui mettre une laisse, un soir, parce que tu voulais pas qu’il monte sur le canapé.

J’étais si mal. Je ne voulais pas. Le lendemain, je l’ai retrouvé, paniqué sous la table, avec la laisse emmêlé entre ses pattes. Je te hais.

En cette période, Odin était ma source de bonheur. Je rentrais du travail, je me mettais au pied du canapé, totalement affalée à cause de la fatigue accumulée. Odin et moi, on se faisait des séances de câlins chaque jour. Il venait à ce moment là, sur moi et il me têtait le pull pendant que je le câlinais et que je lui disais que je l’aimais de tout mon être.

Ha oui. En cette période, tu râlais aussi parce que l’on faisait rien. Lorsque je te proposais une sortie, un cinéma, une visite historique tu me répondais  » c’est nul. J’ai pas envie. Je suis fatigué moi parce que moi j’ai travaillé blablabla », on connaît le refrain.

Aussi, je vivais un harcèlement moral au boulot. Mais tu ne m’aidais pas. Tu t’en fichais pas mal. Parce que TOI tu travaillais. Moi…

Je me suis surprise, plein de fois, à me dire que ce serait bien que j’ai, un accident du travail. Pour que je puisse me reposer un peu. J’espérais faire une fausse manipulation et me couper avec la trancheuse, pour pouvoir me retrouver un peu avec moi-même et me ressourcer.. Ou j’espérais aussi faire un accident de la route. Je me retrouvais souvent à suivre les phares de la voiture en face, pour ne pas sortir de la route. Mais je n’ai jamais fait d’accident. (Heureusement).

C’est aussi à cette période où j’ai commencé à dormir sur le canapé. Parce que je n’en pouvais plus que tu me réveilles plusieurs fois dans la nuit pour me dire que je respire fort et que je prends trop de place.

En 2013, tu me dis que tu veux changer d’entreprise. Tu veux changer de région. Je me suis dit pourquoi pas. Ça me fera une expérience de vie. La seule chose que je t’ai demandé c’est de rechercher un poste partout en France mais pas en région parisienne. C’est vraiment une région où je n’ai pas envie de vivre.

Tu m’as dit oui et tu as trouvé un poste à Issy-les-Moulineaux. Mon avis n’avait donc aucune importance.

Si tu savais le nombre de fois où j’ai pleuré en voiture. Je n’avais pas envie de quitter ma région, pour une région qui ne me plaisait pas (je n’ai rien contre vous les parisiens et banlieusards, je sais juste que je me sens mieux avec beaucoup de verdure et moins de monde autour de moi.) Je l’aurai certainement moins mal vécu, si on avait déménagé en Bretagne. (Pour moi, les Bretons sont les Alsaciens de l’ouest ! Bref je m’égare). Mais c’était décidé. Puis, ça me permettait de quitter mon emploi, en ayant quand même une indemnisation puisque je quittais mon job pour suivre mon compagnon…

2014

On se retrouve dans un studio, le temps que tu aies terminé ta période d’essai. Ton petit frère vit chez nous de temps en temps. Je n’aime pas trop, parce que je suis obligée de dormir avec toi et j’angoisse.  » pousse toi ! Tu prends toute la place. » Tu sais, je dormais par-terre à force.

Je cherche un nouvel appartement pour nous. Là, c’est différent parce que je dois faire une liste d’appartement potentiellement plaisant pour toi, qui soit à 10 minutes à pied de ton travail et qui ne soit pas trop cher. Une maison ce serait mieux aussi (Une perle rare introuvable).

Je cherche chaque jour, et je fais le point avec toi le soir. Tu t’agaces dès que je veux t’en parler.  » Moi j’ai travaillé ! Je suis fatigué, j’ai pas envie de parler de sujet chiant ». On se dispute en face de ton frère… J’angoisse maintenant de te montrer des appartements, puisque je me fais engueuler directement. J’use de ton énergie et de ta patience en te demandant le minimum.

Tu n’as pas touché à la cuisine, au ménage, aux listes de courses et aux courses, à la paperasse depuis des années. Grâce à moi. Mais j’use ton énergie en te demander quel appartement semble plus intéressant qu’un autre.. En sachant que si ça te plaît pas, tu râles aussi.. je suis angoissée.

Je trouve un appartement, avec un fort potentiel. A 15 minutes maximum de ton travail. Je me démène pour que tu le vois. Il te plaît, on le prend.

Une fois de plus, je m’occupe du déménagement. Je m’énerve parce que tu m’aides pas. Tu m’expliques que tu travailles donc tu peux pas tout faire hein ! Sauf que.. tu me demandes quand même de te suivre dans une région que je ne voulais pas. Tu m’imposes tout ça et je me débrouille à nouveau, seule…

Je commence doucement à en avoir marre. Puis, je vois moins ma famille du coup. Je la voyais pas souvent déjà, mais avec la distance c’est pire. Quand je vais les voir, j’angoisse de mon retour dans la région. Parce que tu n’auras pas fait le ménage, ni les courses, ni le linge. Encore moins, quand ton frère est là.

Je rentre toujours angoissée de toutes les tâches que je vais devoir m’infliger pour que tout soit clean. Parce que sinon tu râles.

Une fois, je suis rentrée. La vaisselle était dans le lavabo, tout était dégueulasse. J’ai tout rangé pendant que vous, vous jouez à CoD.  Quand je me suis enfin posée et là tu m’as sorti un  » c’est quand qu’on mange ? ». Putain, je me suis énervée et tu m’as encore prise pour une conne.  » Mais on a fait le ménage nous ! Tu peux bien faire le repas « . J’avais 5h de route dans les pattes. Je venais de ranger votre bordel. Je me reposais enfin… Même ton frère s’est excusé… J’étais tellement saoulée que je l’ai envoyé chier.

Puis, j’ai dû te rappeler chaque soir, où je n’étais pas là, que tu devais nourrir Odin.. C’est affligeant. » ha c’est pour ça qu’il miaulait ! Je me disais qu’il était chiant ce soir… ». Quand tu ne le nourris pas de la journée, c’est normal qu’il ait faim -_-…. Tu es vraiment une merde.

2015

2015.. j’ai envie de changement. Je veux faire une reconversion professionnelle et le domaine est vite trouvé.

J’ai commencé à monter mon projet/dossier pour que lorsque je rencontre mon conseiller pôle emploi, il n’ait plus qu’à me dire oui.

J’ai fait des enquêtes métier, j’ai rencontré plusieurs professionnels, j’ai recherché les organismes de formation qui seraient intéressants pour moi.

Mais bizarrement, j’avais peur de t’en parler. Parce que tu détruisais mes rêves. Tu avais toujours des phrases avec des sous-entendus. Du genre  » tu devrais regarder un peu plus de documentaires… Parce que bon… » Ou  » tu devrais pas acheter des bonbons..parce que bon… » (Avec mes 50-52 kg, il pouvait insinuer que j’avais du poids à perdre…je mesure pas 50 cm.. je suis largement dans les normes) Ou  » tu devrais pas t’habiller comme ça… »..

Mais je t’en ai parlé et j’ai la sensation que tu ne croyais pas en moi.

Début Mai 2015 : je rencontre mon conseiller, je lui expose mon projet. Je lui montre mon dossier, où j’indique les raisons de mon changement de domaine d’activité, mon envie de cette reconversion et tout le cheminement qu’il s’est passé pour en arriver à cette décision. Il est épaté et me demande plusieurs fois si j’ai monté mon dossier toute seule ou si j’ai été aidé. Non, je l’ai bien monté, seule. Il me dit que pour lui, c’est ok, que sa direction sera forcément d’accord vu mon dossier. Par contre, la formation débuterait en juin 2015. Il faut faire les démarches rapidement pour que je sois dans cette session.

Je sors de ce rendez-vous, je suis très fière et mes parents sont fiers de moi. Ta réaction ? Je m’en rappelle plus. Tu as dû me dire  » c’est bien » et poursuivre ton jeu.

Fin mai : le mois de mai se poursuit et ma formation se confirme pour début juin. Je m’octroie une semaine de vacances chez les miens parce que je ne sais pas quand je les reverrais avec ma formation.

Je te demande pendant ma semaine de vacances de vérifier la boîte aux lettres car il y a certainement un courrier qui doit m’être envoyé, de l’organisme de formation. Je ne sais pas ce que c’est mais faut y faire attention car si j’ai des documents à envoyer faut que ça soit fait rapidement avant ma formation.

Ma semaine en Alsace est un pur bonheur. Je revois mes potes, ma famille. Je rencontre celui qui va devenir mon Homme. Je suis heureuse en Alsace mais j’angoisse.

Je te téléphone tous les soirs pour te rappeler de nourrir Odin.

Je rentre, toujours avec mes angoisses (parce qu’il faudra faire le ménage, les courses etc que tu n’auras rien fait). Je sens que j’ai un courrier et que tu n’es pas allé vérifier malgré ma demande.

C’est bien ça. Nous sommes jeudi après-midi et je dois rendre des documents à l’organisme de formation avant lundi. Des documents pôle emploi, signé par mon conseiller évidemment.

J’appelle ma mère, en pleurs. Sache qu’elle m’a dit de rentrer. De prendre Odin et de te quitter. Je ne l’ai pas fait, mais pour moi, tu as signé la fin de notre relation ce jour là.

Je t’ai attendu, avec la lettre sur la table. Quand tu es rentré, je t’ai engueulé directement. Tu m’as répondu :  » si c’était si important pour toi, tu me l’aurais dit tous les soirs qu’il fallait que j’aille voir la BàL ». Te rappelles-tu ce que je t’ai répondu ?  » Si j’étais si importante à tes yeux, si tu m’aimais vraiment, je n’aurais même pas besoin de te le rappeler « . Tu es resté coi.

J’ai réussi à me démerder et j’étais dans les clous le jour J. Mais bordel, tu m’as foutu une angoisse monstre avant le début de ma formation…

Juillet 2015: j’ai droit à une semaine de vacances et je suis heureuse parce que ça tombe la semaine où mon papa fête son anniversaire. Tu sentais que ça puait entre nous depuis l’histoire de la lettre. Tu m’as dit une phrase que tu n’aurais jamais dû me dire « Choisi ! Soit tu restes avec moi pendant tes vacances et on reste ensemble, soit tu rentres en Alsace et tu te retrouves célibataire ».

Sache que j’ai passé ma meilleure vie en Alsace, cette semaine là. Je me suis faite percer mon industriel, que je rêvais depuis des années. J’ai proposé à T. de venir à Paris pour voir Eagles Of Death Metal en novembre au Bataclan. J’ai vu mes potes, ma famille. J’étais bien et heureuse.

Je rentre à Issy et tu me dis que vu qu’on est plus ensemble, que je devrais quitter l’appartement rapidement. Que tu ne veux pas de moi, chez toi. Je te rappelle que c’est notre appartement. On a signé le bail ensemble, mon coco.

Fin juillet 2015 : on se dispute fortement. Là, ça sonne vraiment la fin. Odin l’a compris. Le soir même de notre dispute, il t’a foutu un coup de patte. Ce qu’il n’avait jamais fait et qu’il n’a jamais refait d’ailleurs. J’étais fière de lui. A partir de ce moment là, chaque soir Odin venait sur moi en ronronnant pour  m’endormir. Chaque matin, il me réveillait en ronronnant près de moi. Il me faisait des bisous et des câlins ❤️. Ça fait 3 ans que je dors sur le canapé. Je suis fatiguée mais au moins, je suis avec Odin.

Août 2015 : tu me mets une pression folle pour que je trouve un logement. C’est pas avec mes 600 euros d’indemnisation que je vais aller loin… c’est ton frère qui me trouve une solution… Et à partir de septembre 2015, je vis dans une chambre dans une maison d’une mamie.

Septembre 2015: je déménage mes affaires. En oubliant énormément de choses maintenant que j’y pense (des meubles, des bibelots…). J’amène Odin en Alsace, chez mes parents. Je fais tout, en un WE puisque je dois poursuivre ma formation. Et toi, tu t’en fiches. Tu ne m’as pas aidé à aucun moment. Sais-tu que c’est ma cheffe de stage qui m’a aidé à déménager mes quelques affaires chez la mamie ? Toi,.. tu n’as rien fait. Si tu m’as téléphoné quand je suis arrivée pour savoir si ça va. Lol.

Novembre 2015 : je te téléphone pour te dire que j’étais au Bataclan. Et que tu dois rester chez toi. Je suis gentille quoi. Mais je crois que tu t’en fichais. Je sais que T.a dû te rappeler parce que tu m’avais foutu une angoisse supplémentaire à tout ce merdier. Je ne sais pas ce qui a été dit. Je m’en fiche d’ailleurs.

2016

En janvier 2016, suite à la fin de mon bail, (oui j’ai quitté l’appartement alors que j’aurai pu y rester), je te donne rendez-vous pour te rendre les clés de notre appartement.

Je viens de finir ma formation. Je l’ai réussi malgré les évènements. Je suis tellement fatiguée. Je suis angoissée. Et j’ai fait une crise dans le RER puis tram que je dois prendre pour aller chez toi. J’ai rendez vous avec la psy après notre rendez-vous. Je ne me rappelle pas si tu me demandes si je vais bien. Je me rappelle par contre que tu pleurnichais parce que tu étais seul, sans amis, dans une ville où tu connaissais personne et ton boulot te faisait chier. Et que tu faisais un comparatif avec moi, parce que j’ai des amis, même dans la région alors que ça fait peu de temps que j’y suis.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ni ce que je t’ai dit. Tu m’as juste dit  » je te reconnais pas G. » .Je me vois encore te dire en partant de chez toi  » c’est normal. Tu ne m’as jamais connu et tu ne me connaîtras jamais ».

Au courant 2016, tu as décidé par toi-meme de couper les ponts avec moi. Pour une excuse bidon d’ailleurs. Ça m’a touché vaguement. Mais je me suis surtout moquée de toi. J’ai souvent voulu t’envoyer un colis de merde, d’ailleurs.

Conclusion

Je suis heureuse que tu ne fasses plus partie de ma vie. Je me hais de t’avoir laissé faire autant de mal. Je te hais encore plus d’avoir fait du mal à Odin. Tu n’as jamais mérité notre amour.

Par contre, je te remercie. Car, grâce à toi, je sais que je mérite d’avoir de l’attention. Je mérite que l’on prenne soin de moi. Je sais que je n’ai pas à supporter ce que tu m’as fait subir. Et jamais je ne supporterai ce que j’ai supporté avec toi.

Tu ne me méritais pas. Odin ne te méritait pas. D’ailleurs, il ne t’a jamais aimé. Il t’a accepté mais il ne t’aimait pas.

Tu sais qui il aimait par contre ? Mon homme. Odin est décédé dans mes bras et il avait le regard droit dans les yeux de mon Homme. Nous sommes rentrés à la maison et nous avons pleuré ensemble.

Je n’aurai jamais pu partager ça avec toi.

Tu es qu’une sombre merde, Thibaud.

PS : je n’ai pas changé le prénom de Thibaud, parce que je m’en fiche s’il tombe un jour sur cet article.

PPS : si tu as lu jusqu’ici, je te félicite.

PPPS : je ne veux pas être jugée. Donc si t’as des conseils bidons à me donner, je te conseille de te les carrer. Je suis suivie psychologiquement et je pense pouvoir dire que je fais tout ce qu’il faut pour avancer dans le bon sens.

Si tu sais qui est l’auteur de cette photo, indique le moi en commentaire

22 commentaires sur “Mon très cher

  1. à ta place je n’aurais jamais été capable de sortir un article sur une ordure pareille sans balancer 10 gros mots par phrase, alors bravo à toi !
    sérieusement : tu m’étonnes que tu étais épuisée, tant mentalement que physiquement !
    t’en as eu du courage pour supporter tout ça !

    Aimé par 1 personne

    1. J’aurai pu mais le message ne serai pas passé de la même manière. On m’aurait dit certainement que je suis dans l’excès ou tout autre chose.

      Oui j’ai beaucoup de mal à retrouver une énergie « saine ». Je suis sur les rotules depuis 10 ans ^^.

      A force, je me dis que les gens ne vont pas/plus me croire.
      A force, j’ai peur que l’on me dise que je n’ai pas à me plaindre.
      Il n’a pas été violent physiquement avec moi.
      J’en pouvais plus de ces  » je travaille moi ».. comme si je me tournais les doigts dans le cul, toute la journée…

      Aimé par 1 personne

        1. C’est toujours plus difficile de mettre les mots quand ça nous concerne. Toujours plus difficile de prendre du recul et d’accepter la situation.

          Ma psy m’a dit les mots suivants  » vous avez subi de la maltraitance psychologique ».

          Ça ne suffit pourtant pas pour l’accepter.
          C’était mon quotidien et je pensais que c’était normal et que j’étais en défaut.

          J’ai compris le problème, le jour même où j’ai eu la lettre.
          Bref.

          Aimé par 1 personne

    1. Je m’en doute que ça doit te parler :/.
      Je ne connais pas vraiment ton histoire mais je sais que tu as connu la maltraitance.

      Oui, ça fait du bien mais le chemin est long. Comme je le dis au début de l’article, je n’ai jamais pu m’en préoccuper de cette partie de ma vie vu que le Bataclan est venu en plein dans ma face :/.

      Gros bisous ❤️

      J'aime

            1. J’ai mis du temps à te répondre. Excuse moi.
              Je suis extrêmement touchée par ton message.
              De 1 parce que je ne pense avoir une écriture très intéressante (donc merci)
              De 2 parce que tu as raison. L’important est d’écrire.

              Je ne sais pas encore si je vais poursuivre et détailler les années. Mais j’y songe. C’est certain que j’ai beaucoup de chose à dire.
              On va dire qu’actuellemment mes rendez-vous psy sont animés.

              Il a tenté de m’effacer mais c’est pas aussi simple que ça. Même les terroristes n’ont pas réussi (krrkrr).

              Aimé par 1 personne

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