Trouble-moi

L’âme vagabonde

J’ai le regard vide.

Je suis fatiguée d’être fatiguée. Je suis épuisée de regarder, par mégarde, les infos et voir qu’il y a toujours les mêmes sujets en fin de compte, que les choses n’évoluent pas/plus. Guerre. Terrorisme. Mécontentement de la population.

Je suis angoissée. Parfois, je suis juste angoissée de vivre ou survivre. Parce que chaque jour qui passe, et un nouveau jour où j’ai survécu. Et c’est vraiment angoissant. Je suis une otage dans ma propre vie.

Et je ne veux plus survivre. Je veux vivre pleinement. Mon âme est vide et pourtant, j’ai plein d’envies, j’ai plein d’espoirs qui chatouillent mes tripes. Je me bats tellement chaque jour pour confronter mon Moi. Confronter vos idées préconçues. Je me bats comme une lionne, je me bats et ça ne se voit pas. A part sous mes yeux. Mes cernes sont bien marquées, bien noires.

Noires comme mes idées..  Pourtant, je pense tout de même que ce qui me différencie de beaucoup de pessimistes, c’est que j’ai la réelle conviction que je peux y arriver à surmonter cette nouvelle épreuve. Que j’ai évidemment beaucoup de travail à effectuer pour accéder à cette plénitude.. Que ça ne risque pas d’être une partie de plaisir. 

J’avance malgré la tempête. Je fais des choses que je n’ai plus réussi à faire il y a deux ans, par désespoir, par dégoût. J’ai beaucoup de projets. Que ce soit de tout petit comme un concert d’un chanteur que je ne pensais jamais voir dans ma vie ou un week-end dans la cambrousse dans une cabane de film d’horreur.. Des rêves de vie qui vont se réaliser également.

Cependant pour pouvoir y profiter, il faut que j’arrive à tuer ce démon en moi. Qui me susurre que je ne mérite pas d’exister, car je n’ai pas péri sur le sol du Bataclan ou sur un brancard dans un hôpital, comme les autres. Je me suis permise à croire que je ne méritais pas d’exister. Ca s’est immiscé dans ma caboche, comme une idée qui m’a été chuchoté dans mon sommeil. Et j’y ai cru. Au point, de m’excuser chaque jour.

J’ai le droit. Comme n’importe qui, je pense, j’ai le droit d’être apaisée et heureuse.

J’ai le droit d’être en vie.

Les Others
Publicités

9 commentaires sur “L’âme vagabonde

  1. Je ne vais pas te faire de longs phrasés spirituels car je ne connais que très très peu ton histoire et je n’ai pas encore tout lu sur ton blog. Mais as-tu eu l’occasion et la possibilité de t’éloigner loin et longtemps dans une région où tu ne connais rien ni personne ? Comme si tu t’accordais un moment pour souffler et ne faire que des choses simples et tranquilles sans pression.
    Pour moi vivre n’est pas une question de mérite puisque même les pires ordures vivent parfois très longtemps. Tellement de paramètres se connectent : hasard, santé, trajectoire, position, instinct etc etc…Le jugement (être vivant bon/mauvais/égal etc.. ) n’en fait pas partie. Au final la vie et la mort portent en elles toujours les mêmes questions auxquelles on attache trop d’importance. Bref j’espère que tu arriveras à retrouver goût à la vie et à la vivre à 100% et de la manière qui te fait le plus vibrer. Et pour ma part je vais lire un peu tes anciens articles.

    J'aime

    1. Coucou
      Merci pour ton message !
      Je t’avouerai que l’expérience de me retrouver toute seule dans une région où je ne connais personne n’est pas quelque chose que je souhaite renouveler tout de suite. (Je vivais  » seule » a Paris au moment des attentats. Et je ne connaissais vraiment personne a l’époque ^^.)
      Je pars avec mon compagnon dans des villes et villages a côté de chez nous (je suis frontalière a l’Allemagne). Ça me permet souvent de souffler et de ne plus étouffer l’espace d’un moment.

      En soi je suis totalement d’accord sur le fait que vivre n’est pas une question de « mérite ». Mais j’ai dû mal à l’accepter. Je comprends doucement que j’ai toujours ce syndrome du survivant bien encré en moi. J’ai survécu au Bataclan, les autres non. J’y ai vraiment le droit ?
      J’espère également pouvoir retrouver l’envie de vivre pleinement.
      Merci beaucoup pour ton commentaire et tes lectures. Ça me touche

      PS: pour connaître d’où decoule mon blog, je te conseille de lire « ce vendredi 13 »

      J'aime

  2. Oui, tu as le droit. Tu le sais.
    C’est le plus difficile je trouve, de revenir à ça. Une fois qu’on sait qu’on a le droit, on avance un peu plus sereinement.
    Je ne vais pas faire dans l’original, je vais prendre mon exemple personnel. Pendant des années je me suis fait du mal en me disant que ce que j’avais vécu ce n’était rien comparé à ce que d’autres femmes vivent. Je m’en voulais presque de n’avoir vécu que la violence psychologique et verbale. Pas de coup. Je dérivais et je me disais que c’était pas juste par rapport aux autres. Et pourquoi moi je pouvais m’en sortir alors que d’autres y laissent leur vie, y laissent leur histoire, y perdent leur identité et parfois leurs enfants…
    Avec le recul, je trouve ce raisonnement insensé. Mais je n’étais pas là où j’en suis aujourd’hui.
    Je sais que je le répète souvent, mais c’est encore très frais. Trois ans ce n’est rien dans le processus de deuil, de guérison. Et puis l’actualité n’aide pas, la menace est partout. A chaque fois que tu fais face à un évènement similaire, c’est comme si tu te reprenais toute cette merde en pleine figure.
    J’ai bien aimé ta phrase  » je pense tout de même que ce qui me différencie de beaucoup de pessimistes, c’est que j’ai la réelle conviction que je peux y arriver à surmonter cette nouvelle épreuve. » OUI. Et tu y arriveras j’en suis convaincue. Tu as une force en toi, que tu ne vois peut-être pas (c’est jamais facile de l’intérieur), toutefois elle se ressent dans tes mots, tes textes.
    Tendres pensées ma belle. Prends soin de toi.

    Aimé par 1 personne

    1. Les exemples concrets sont ceux aident le plus a comprendre, donc ne t’excuses pas de me parler de ton expérience !
      Je comprends le raisonnement que tu as eu, et je l’ai encore actuellement . En mode :  » je vis d’autres sont morts. Tais toi. T’es nulle  »

      Sincèrement en ce moment je mène un combat intérieur assez important. Et vu que ma psy est défaillante, je le vis plus ou moins seule. J’ai cette chance d’avoir mon damoiseau.. il m’aide énormément a mon évolution.

      Je te remercie pour tes mots parce qu’effectivement je ne pense avoir une force particulière et surtout je ne pensais pas que ça se transmettait dans mes mots .

      Gros bisous Marie ❤️

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s