Psycho(pathe)

Les « spécialistes » psy… (3)

…chopathes. Dans la continuité de mes démarches, j’ai dû rencontrer un psychiatre qui a évalué mon « degré » de victime pour accompagner mon dossier . J’avais déjà eu les échos des autres personnes de mon association qui m’expliquaient que je ne devais pas m’angoisser pour cette démarche. La personne qui s’occupera de moi sera sympa et tolérante..

Avril/mai 2016: On y est allés avec T. On est arrivés devant une maison semblable à n’importe laquelle. Après bon, ça arrive que les médecins ont un cabinet chez eux et distinguent une partie public et privée donc ça ne m’a pas plus choquée que ça.. Le psy nous dit de le suivre, nous demande qui va commencer la séance. T. veut la faire avant moi. Ils me laissent donc dans la « salle d’attente ». J’étais en réalité dans une chambre de petite fille avec un lit défait, un lavabo? et des affaires bizarres. Encore une scène surréaliste d’un film d’horreur. En rigolant, j’ai envoyé des photos à une amie.. Bien qu’au fond je trouvais ça pas normal. J’étais donc en tête-à-tête avec une poupée de film d’horreur.

L’heure tourne et c’est à mon tour.. Je rejoins donc l’interrogatoire. Il me pose des questions. Basiques au début puis des questions intimes.. de plus en plus intimes.. « A quel âge avez-vous eu votre première relation sexuelle? » J’y ai répondu mais c’est quoi le rapport avec les attentas? « Fumez-vous? Si oui, fumez vous des drogues? » Mais ??  « Prenez-vous des drogues? » « Buvez-vous de l’alcool? Comment se passe vos rapports sexuels? Bien / Pas bien?  Avez-vous été abusé sexuellement? » Quoi? Quoi? QUOI? « Vos parents sont ensemble ou divorcés? » Tu veux pas aussi le race de mon chat? Je ne me rappelle plus de tout, bien que j’ai noté quelques phrases.. Mais la pire partie a été quand j’ai parlé du Bataclan. Il m’a demandé: « Alors? Vous en voulez à T. de vous avoir laissé au Bataclan? » PARDON? « Quoi? Mais je ne lui en ai jamais voulu! C’est l’instinct de survie qui a joué! Et même! Moi ça m’a aidé de le savoir dehors parce que j’étais persuadée que j’allais m’en sortir.. » Bordel. Plusieurs minutes après le début des attentats quand on s’est retrouvés dans le refuge, j’ai tout de suite rassuré T. en lui disant que je ne lui en voulais pas et qu’il m’a aidé. Que jamais de la vie je pourrais lui en vouloir. Merde! Et ce gros connard de mes couilles ose me tester sur ma sincérité? Mais il est sérieux? Mais c’est qui ce mec? Pourquoi on nous a encore envoyé chez un psychopathe? Puis il me demande si j’ai des choses à dire sur mon quotidien, si j’ai des angoisses etc.. Je lui raconte donc que je tremble, que j’ai des angoisses, des crises (TSPT bonjour). « Vous êtes suivie mais pourquoi vous ne prenez pas de médicaments? ». Je me suis sentie jugée sur la façon dont je voulais affronter mes démons. Je lui ai raconté un demi-pipeau. J’ai dit que ma psy est une psychologue (donc pas en capacité de prescrire des médicaments) et que mon généraliste n’est pas favorable aux médicaments type anxiolytique. Mais au fond, MOI je n’ai pas envie de prendre des médicaments et ça dérange qui? Je n’ai pas envie de me voiler la face sur mes symptômes. Je veux les affronter et pouvoir avancer.

A la fin de la « consultation », il devait me donner un document qui m’indique le nombre de ITT (Incapacité Totale de Travail). Je sais que toutes les autres victimes ont eu droit à ce document. Une discussion de sourds débute où il me dit qu’il n’a pas le droit de le dévoiler. « Oui mais alors pourquoi à Paris, toutes les victimes sont au courant et ont eu un document? ». « Je n’ai pas le droit de donner ce document, c’est tout. » Je commence à m’énerver gentiment.. « Vous allez quand même me donner un document qui prouve que je suis venue vous voir aujourd’hui ! » « Je n’ai pas à vous donner de documents, tout est envoyé à Paris à XXX (saispasoù j’ai pas retenu) » « Je ne sors pas de ce cabinet sans une preuve que je suis venue vous voir » Pendant 5 minutes voire plus j’ai dû batailler pour qu’il me signe un document qui prouve ma venue dans son cabinet pour faire son « expertise ». T. n’a eu aucun document et donc ce « psy » peut très bien dire qu’il ne l’a jamais rencontré..

Ca faisait longtemps que je n’avais pas été aussi choquée en sortant d’un rendez-vous.. J’en ai pleuré. De rage. De tristesse. De solitude. D’injustice. De tout. J’étais fatiguée par les événements, les insomnies, les crises, les démarches et par l’incapacité des personnes que l’on rencontrait.. J’en pouvais plus.. J’ai craqué. J’ai pleuré une partie de la soirée en injuriant ce mec. Mon pauvre pote O. qui m’a cherché le soir et m’a entendu geindre.. Je me sens mal vis-à-vis de lui..  Mais c’est quoi ce pays qui me laisse dans la merde? Bordel je suis la victime et c’est moi qui suis en galère?

MERDE

Je précise qu’en mars 2016 j’ai rencontré à peu près au même moment que le juriste, ma nouvelle psychologue. Je lui ai clairement dit les choses quand je l’ai rencontré (mes histoires avec les anciens psys, pas à l’écoute etc). Elle a été d’une tolérance et d’une écoute extrême. Je me rappelle que dans mes toutes premières séances je la laissais presque pas en placer une. Et s’en offusquée pas plus que ça. Elle a vu que je devais vomir mes tripes, vomir ma douleur. Elle a instauré un climat de confiance extrême. Au point que j’arrivais à la faire rire malgré mes yeux au bord des larmes et qu’elle savait que je n’allais pas me vexer. Elle a su me rassurer là où les autres psys m’ont enfoncé. Elle a su me réparer un peu. Et je lui en suis extrêmement reconnaissante. Depuis décembre je ne suis plus suivie, pas que je n’en ai pas envie, mais pour des raisons personnelles, elle a dû se mettre en pause. Aujourd’hui je ne sais pas si j’ai envie de reprendre un suivi avec quelqu’un d’autre. J’ai bien trop peur que ça se passe mal encore une fois.. Et je n’ai pas envie de répéter tout ce que j’ai pu lui dire. Elle comprend mes rapprochements de ma vie d’avant à ma vie d’après.

En septembre 2016, j’ai rencontré avec T. une assistante sociale de l’ONAC. Cette femme est très réactive et répond à toutes nos questions. Nous rassure également.

Pour conclure, je suis tombée sur de sacrés con(nards/nasses) mais ils ne sont pas tous comme ça. Je veux simplement vous dire que si un jour vous avez envie d’aller voir un psy, ne pensez pas que vous allez tombés sur des gens aussi bizarres que j’ai pu rencontrer.. Et surtout, si vous en avez envie, n’hésitez pas à y aller. Prenez soin de vous.

PS: Article écrit le 26 janvier 2017 sous Vae Soli

 

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4 commentaires sur “Les « spécialistes » psy… (3)

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